Hommage à Armand Nicolas

Armand NICOLAS est à la fois connu pour sa remarquable contribution à la connaissance de l’histoire de la Martinique, pour l’exercice de son métier de professeur d’histoire et de géographie dans plusieurs lycées de l’île et pour son militantisme au sein du Parti Communiste Martiniquais dont il fut le secrétaire général de 1963 à 1990.

Il revient en Martinique avec sa mère, d’origine corse, en 1934 à la mort de son père. Il fait ses études au lycée Schoelcher et en classe de terminale, il est marqué par l’enseignement du professeur Aimé CÉSAIRE. Il obtient son baccalauréat en 1942 et reste à la Martinique, à cause de la situation de la France occupée. Il se passionne pour l’histoire de son pays en écrivant un article dans la revue Tropiques à la demande d’Aimé CÉSAIRE.

Après la guerre, il poursuit ses études d’histoire à la Sorbonne et il découvre le marxisme. Il crée alors l’Association des Étudiants de la Martinique.  Il adhère au PCF et milite en France jusqu’en 1951, année où il revient à la Martinique sur un poste de professeur au lycée Schœlcher. Il ne cesse pas de militer et devient rédacteur en chef du journal Justice, organe de presse du Parti communiste à la Martinique.

Au moment de la démission du PCF d’Aimé CÉSAIRE, il choisit de rester fidèle à ses convictions politiques et perd ainsi son poste de conseiller municipal de la ville de Fort-de France. En 1957, la fédération communiste de Martinique devient le Parti Communiste Martiniquais. Il en est l’un des membres fondateurs avec Camille SYLVESTRE, Georges GRATIANT, Victor LAMON, René MESNIL et Léopold BISSOL.

La Martinique est secouée par des manifestations anticolonialistes à partir de décembre 1959. Les communistes sont dans le collimateur de l’État. Camille SYLVESTRE et Armand NICOLAS, considérés comme les principaux leaders du Parti, sont condamnés à une amende de 1,5 millions de francs et à la déchéance à vie de leurs droits civiques.

De plus, le 15 octobre 1960, l’ordonnance DEBRÉ permet de rappeler d’office en métropole tout fonctionnaire dont les agissements sont de nature à troubler l’ordre public. Les communistes sont les principales cibles de cette “loi scélérate” comme la surnomme l’Humanité, organe de presse du PCF. En 1961, à l’instar de Georges MAUVOIS, de 2 autres Martiniquais, de 9 Guadeloupéens, 1 Guyanais et de 13 Réunionnais, Armand NICOLAS est muté d’office en métropole. Il refuse sa mutation à Arles et est révoqué. Il ne retrouve son poste de professeur qu’après l’amnistie de 1974.

Pendant cette période, Armand NICOLAS, succède à Camille SYLVESTRE comme Secrétaire Général du PCF et en profite pour écrire sur l’histoire de son pays. Il fait ainsi découvrir à tous la révolte anti-esclavagiste du 22 mai 1948, dans son opuscule paru en 1962.

Il passe près de 30 ans à la tête du PCM malgré les revers politiques et une baisse drastique de ses effectifs et militants. Entre 1986 et 1992, il est conseiller régional  en charge de l’éducation et de la formation professionnelle, sous la présidence de Camille Darsières (PPM)

Entre 1996 et 1998, il écrit et publie Histoire de la Martinique en trois tomes aux éditions l’Harmattan.

Histoire de la Martinique

Il était encore interrogé et écouté sur les différents événements qui ont secoué l’île en 2009, lors de la grève contre la « pwofitasyon » ou encore lors des destructions des statues de Victor Schœlcher en 2020. Il est resté dans ses propos et dans son combat un militant de la cause nationaliste et anticolonialiste.

Il est un de ceux que l’histoire de la Martinique se doit d’honorer.

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